« Nous ne pouvons jamais attendre pour agir que nous ayons la compréhension absolument certaine de toute la situation. Nous allons seulement par le chemin dans lequel nous conduit la vraisemblance. Tout devoir (officium) doit aller par ce chemin : c’est comme cela que nous semons, que nous naviguons, que nous faisons la guerre, que nous nous marions, que nous avons des enfants. En tout cela, le résultat est incertain, mais nous nous décidons néanmoins à entreprendre les actions au sujet desquelles, nous le croyons, on peut fonder quelque espoir… Nous allons là où de bonnes raisons, et non la vérité assurée, nous entraînent. » Sénèque, Des bienfaits, IV, 33, 2., trad. P. Hadot.


« Une considération surtout qu’il ne faut point perdre de vue, c’est que si l’on bannit l’homme ou l’être pensant et contemplateur de dessus la surface de la terre, ce spectacle pathétique et sublime de la nature n’est plus qu’une scène triste et muette. L’univers se tait : le silence et la nuit s’en emparent. Tout se change en une vaste solitude où les phénomènes inobservés se passent d’une manière obscure et sourde. C’est la présence de l’homme qui rend l’existence des êtres intéressante. » Diderot, Encyclopédie


« L’énigme de la philosophie est que quelquefois la vie est la même devant soi, devant les autres et devant le vrai. Ces moments-là sont ceux qui la justifient. Le philosophe ne table que sur eux. Il n’acceptera jamais de se vouloir contre les hommes, ni les hommes contre soi, ou contre le vrai, ni le vrai contre eux. » Maurice Merleau-Ponty, Éloge de la philosophie.




ACTUALITÉS







Un très intéressant article de Piotr Smolar – Le Monde —

« L’hommage de l’Amérique trumpiste au « martyr » Charlie Kirk, moment de confusion entre politique et religion« 



Dans la citation qui suit il y a le principe de toute vengeance, malheureusement, et ce qui la distingue de la justice (y compris de celle qui prétend qu’on peut se faire justice soi-même). Cela vaut pour notre temps.

Shakespeare, Henry VI, Pléiade, 1959, trad. Fr-V. Hugo





Corruption, « Altération (de la substance) par décomposition ». Le Robert,


Le président américain multiplie les pressions sur les magistrats fédéraux, « corrompus » et « diaboliques », qui s’opposent aux décrets qu’il a signés depuis sa prise de fonctions. Un bras de fer entre pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire que le locataire de la Maison Blanche entend bien gagner. Par Gilles Paris (Washington, envoyé spécial)




Article de Sarah Emerson pour Forbes US – traduit par Flora Lucas



Article Mediapart « L’IA n’est pas une technique, c’est une idéologie »



Article de Mediapart : Budget 2025 : non, l’austérité n’est pas le seul horizon possible



Le Monde « J’ai perdu des frères ce matin-là » : devant les anciens locaux de « Charlie Hebdo » et l’Hyper Cacher, l’hommage aux victimes et à leurs familles

Par Nathalie SegaunesHélène Bekmezian et Arthur CarpentierPublié hier à 19h57, modifié à 10h42



Musk, Bolloré : le parallèle que la France ne veut pas voir & Pourquoi la France est vulnérable à une dérive « à l’américaine »


Communiqué Snes-FSU attentat La Grande-MotteTélécharger

Sur la Rai, en Italie : la défaite de l’info… mais pas du RN


AMAURY CORNU/HANS LUCAS, pour Le Monde






communique_appep_defendons-la-republique-indivisible-laique-democratique-et-sociale_14_06_2024Télécharger








« Elections législatives : la gauche vers l’union malgré les divisions« 






agr-gation-externe-section-philosophie-programme-de-la-session-2025-13716Télécharger






Un très intéressant et pertinent entretien avec Stéphane Audoin-Rouzeau et particulièrement : « Sur la guerre, nous sommes aux limites d’un déni de réalité »

Joseph Confavreux — Mediapart — 9 mars 2024 à 19h14



Aristophane, Lysistrata. éd. Fasquelle 1898 — gravure par Notor

«Un palais pour Poutine»: voici la version française



Après la Colombie, l’Equateur dépénalise l’euthanasie


Mathilde Goanec,  Mathilde Mathieu,  David Perrotin,  Ilyes Ramdani et Antton Rouget




Quand l’école privée fait sécession, l’école publique vacille






Article du Monde : Avec Parcoursup et la réforme du baccalauréat, un « climat de tension » s’instaure entre certains parents et les professeurs



Sous les bombes, Gaza menacée de famine




Rembrandt (1606-1669), La leçon d’anatomie du Dr Jan Deijman, 1656.


L’attentat terroriste d’Arras




25 mai 2023

À propos du recrutement des professeurs (voir aussi, plus bas, à la date du 29 mai 2022)

T’as ton tuto ? Tu seras contractuel, animateur du « face à face pédagogique ».


Le Robert : tutoriel, ielle [tytɔʀjɛl] adjectif et nom masculin — ■ anglic.

2. nom masculin Inform. Logiciel conçu pour faciliter la compréhension du fonctionnement d’un logiciel. ➙ didacticiel.■ Guide d’apprentissage (texte, vidéo) pour se familiariser étape par étape avec une activité. Des tutoriels. abrév., fam. tuto. Des tutos coiffure.



FR3  https://www.ac-versailles.fr/devenir-professeur-des-ecoles-l-academie-organise-des-journees-du-recrutement-du-22-au-26-mai-2023-126581


Commentaire

Rien de vraiment nouveau, malheureusement, quant à ce recrutement à la hâte, répété, de professeurs contractuels. Pire encore : un discours s’installe qui normalise cette pratique et des critères de recrutement pour le moins discutables, à la manière des déclarations citées ici et de campagnes de recrutement. Le premier objectif est d’éviter les révoltes de parents : à n’importe quel prix, il faut pouvoir leur dire que chaque classe à un professeur. Mais au-delà, de longue date, au nom de la souplesse et de l’autonomie, certains souhaitaient faire de chaque établissement un centre de recrutement, pour le primaire ou le secondaire. Pour eux le manque de professeurs est une aubaine.

Un entretien d’embauche et le flair de recruteurs et d’experts vaudraient donc mieux que tous les diplômes et les concours, et mieux que les années de formation et les stages au contact d’élèves et de professeurs chevronnés, cela avant d’être reconnu titulaire. Inutile donc de s’interroger sur les raisons d’une désertion par rapport à la voie traditionnelle. Il suffit de louer de prétendues vertus de ce recrutement et d’invoquer le modèle de l’entreprise, notamment le rêve de proviseurs (ou autres) transformés en patrons recruteurs et responsables d’une marchandise. Cela aurait aussi l’avantage de transformer les professeurs en employés dociles, souples, et moins coûteux… Ce modèle l’emporte plus que jamais. Ainsi l’appel à être contractuel a toute la dignité d’une com, d’une pub armée d’images alléchantes. Le contractuel, libéré des “carcans” universitaires, de concours rédhibitoires, peut se laisser aller à lui-même, à son génie spontané d’une pédagogie de l’épanouissement — qui plus est à bon compte. Il est souriant, heureux , naturel. Le voilà libéré des exigences d’une discipline, de sa maîtrise, savante. Il l’est aussi de stages où l’on s’essaie, de l’expérience, qui se travaille. Ainsi est-il débarrassé du temps perdu en études et expérimentations coûteuses, puisqu’on lui propose d’être immédiatement un professeur à plein temps. Il sera d’autant plus proche de ses élèves. On comprend donc que, de ce point de vue, ce qui compte chez l’enseignant, c’est une personnalité, un dynamisme, une bonne volonté, un amour des jeunes. Des élèves ? …Il y a une différence ?

Pour le candidat au contrat, c’est ça ou pire, un job pour survivre, deux peut-être, et bientôt trois. Le motif est quelquefois clairement avoué. Cela se comprend. Disons-le : parmi ces candidats à l’embauche, par leur travail, certains deviendront de bons professeurs, mais ce sera au hasard, de tout point de vue.

Malgré tout, même en banalisant et normalisant ce mode de recrutement, l’EN n’arrive pas à cacher une panique devant le manque et l’urgence d’y remédier. Tenir un tel discours, vanter une telle forme de recrutement, la vague et expéditive préparation qui s’ensuit, est finalement leur seul moyen pour tenter que cela ne se voie pas trop.

C’est l’école qu’on méprise. Mépris pour les élèves, pour le savoir, la sensibilité, l’humanité dont ils devraient hériter, condition d’un présent et d’un futur, de leur futur. Mépris pour les professeurs en place. Mépris pour de futurs étudiants qui, pour beaucoup, comprendront trop tard que toute sélection n’a pas disparu et qui la subiront de la pire des manières. Mépris pour les parents auxquels on fait croire qu’il suffit de mettre ainsi un enseignant devant chaque classe, comme on bouche des nids-de-poule. Ironie du sort, il arrivera même, parfois, qu’ils s’émerveilleront de voir s’occuper de leurs enfants un technicien de l’animation très apprécié… Mépris tout autant pour ces candidats au professorat auxquels on ne demande que d’être là, ou presque, et de se dire motivé.

Tel est l’aboutissement en marche d’une école de masse qui n’est pas celle d’une démocratisation. Simon PERRIER




25 avril 2023

« Le pacte enseignant, un contrat qui ne dit pas son nom »

Tribune de Denis Kambouchner — Philosophe

Ce « pacte » ne résoudra pas la crise des vocations, car il n’offre pas aux personnels enseignants la sécurité dont ils ont besoin, estime le philosophe Denis Kambouchner, dans une tribune au « Monde ».



09 avril 2023

Au Québec, les médecins au cœur de l’aide à mourir : « C’est mon devoir d’accompagner les gens de leur naissance à leur mort, j’ai l’impression de boucler la boucle »

Par Hélène Jouan (Montréal, correspondante)




11 mars 2023

Un court propos sur un sujet d’actualité à la page TRAVAIL (lien). S.P.

“Travailler” sans retraite.


À écouter notre président, sa volonté de réformer la retraite, passées les nécessités économiques qui la justifieraient, participe plus globalement d’un discours répété : mettre la France au travail et ainsi la rendre heureuse. Il faut se méfier des gens qui veulent vous rendre heureux […]




25/03/23

Une tribune / Fin de vie       (lien ds le titre)

Mourir en démocratie

(La fin de vie, une nouvelle loi ?)

Soins palliatifs, suicide assisté, euthanasie, sédation, aide active à mourir.




Dimanche 16 octobre 2022

Samuel Paty, assassiné, décapité, en tant que professeur d’histoire de la république.

Sans récupérations douteuses ni atténuations insidieuses. 

Cf. un article du Monde sur l’hommage rendu à Samuel Paty par sa sœur





14 & 17 août 2022

• Hundreds of authors to read from Salman Rushdie’s works in show of solidarity

The ‘Stand with Salman’ event in New York mirrors a public reading of The Satanic Verses that took place after the fatwa was issued in 1989 — The Guardian


• Un article très intéressant de Christian Salmon sur la littérature et la liberté (origine Mediapart – lien dans le titre). Un retour sur l’affaire Rushdie

« Alors que Salman Rushdie a été grièvement blessé vendredi 12 août, nous republions l’analyse de Christian Salmon mise en ligne en 2019 à l’occasion des trente ans de l’affaire Rushdie, lorsque l’ayatollah Khomeiny condamna à mort l’écrivain coupable d’avoir écrit un roman qu’il jugeait blasphématoire. Ce fut l’acte inaugural d’une affaire planétaire, sous laquelle le roman a été enseveli. Christian Salmon« 




Vendredi 10 juin 2022

Revue Le Philosophoire 2022/1 (n° 57)

Science et Politique

#approchecomportementale #conditionnement #psychologie  #ressourceshumaines #bienetre #travail #autonomie  #management #hiérarchies #nudge #democratie

N° 57, version papier en librairie ( Vrin etc.) ou Scopalto en version électronique  et Cairn article par article

Mon article s’intéresse aux sciences comportementales et à l’approche comportementale, la nature de leur démarche, leur collaboration avec bien des pouvoirs. Leur empire est immense, de l’animal à l’homme en passant par la collecte des impôts, la conception d’une signalétique, la dépendance au tabac, la violence des jeunes, l’éducation, la gestion de crise ou l’organisation du travail, etc. L’efficacité y est la mesure de toute chose. L’intention est de rationaliser : gestion exemplaire, parfaits fonctionnements, bien-être de l’adaptation. Une psychologie de l’humanité, armée de leviers, biaisant, agira sur les comportements.
Réduit à des comportements, infantilisé, c’est l’humain qu’on abaisse. Des sciences, tout pouvoir tendra à aimer les moyens qu’elles lui offrent. Dans l’organisation du travail, bien-être et autonomie servent surtout la rentabilité. La flexibilité fait croire à l’autonomie mais elle exige un zèle millimétré, l’optimisation incessante de la ressource humaine. En politique, l’approche comportementale sert une méfiance élitaire de la démocratie, un paternalisme gestionnaire.




Dimanche 05 juin 2022

À propos de crème Chantilly

En commentaire de l’information suivante, de Franceinfo, publié le 04/06/2022 — lien : Législatives : Jean-Michel Blanquer bousculé et insulté sur un marché à Montargis par deux enseignants. L’ex-ministre de l’Education nationale a été visé par deux enseignants alors qu’il faisait campagne pour les élections législatives.

Commentaire : On imagine ces professeurs, ces collègues, se prenant pour les représentants des professeurs et des élèves. Pour s’autoriser cette “petite” violence, il faut en effet se croire investi d’une mission, croire agir au nom de la Justice, du Bien, du Peuple, … bref d’un absolu qui n’a rien de démocratique. De fait, ce n’est rien moins que le jugement de Dieu qu’on prétend ainsi incarner et se donner comme rôle, qu’il s’agisse de Blanquer ou d’autres.

Bien sûr, cette violence se dira innocente et justifiée par le comportement de la victime. Ce sera donc elle la vraie responsable de ce qui lui arrive, comme un enfant dit « c’est de sa faute » quand il prétend se justifier du mal qu’il a fait : ce qui revient à se déclarer irresponsable.

Le pire est que l’on dise que ce n’est pas grand-chose. Un peu de Chantilly, on n’en meurt pas. Mais ce n’est pas si simple. Il y a là un désir qui a pour raison d’être le plaisir d’humilier, de réduire l’autre à l’état de chose ridicule. Ce n’est pas peu, loin de là. C’est une violence à l’égard d’une personne, laquelle agit dans un cadre démocratique et républicain, selon le droit. D’en trouver détestable la politique, son traitement des professeurs ou des élèves, n’y change rien. La violence même d’une politique scolaire peu soucieuse de justice, d’une égale instruction, ne justifie pas un tel comportement. Elle justifie une lutte politique capable de se rendre crédible dans un cadre démocratique.

Cette manière d’agir, de vouloir ridiculiser son adversaire, pourrait être une méthode de fascistes ou populistes, cherchant le rire et la complicité des foules en exhibant ainsi celle ou celui qu’on veut voir humilié, ridiculisé. Si le degré n’est certes pas le même, le geste est de même nature que celui qui conduisit à tondre des femmes à la libération. En admettant que certaines aient été coupables de collaboration, cela ne le justifiait en rien. Il ne s’agissait pas de tondre mais d’exhiber publiquement la défiguration. Et cela faisait bien rire. De quoi ? Qu’est-ce qui fait rire quand quelqu’un est ainsi aspergé ou « entarté » ? 

Depuis quand le défoulement et la vengeance font-ils partie des valeurs que défendent des professeurs au nom de l’école et de la république ? Agir ainsi est ignorer la distinction nécessaire entre respecter la personne et partager ses idées ou approuver ses actes. S.P.




Dimanche 29 mai 2022

« Les journées du recrutement de l’académie de Versailles » 


À lui seul, cet appel, de détresse, des responsables de l’académie de Versaille est un symptôme exemplaire de l’état de l’E. N. Le manque de candidats aux concours s’ajoute. Une vidéo pathétique promet des emplois divers à qui en veut*. C’est une supplication pour tenter d’éviter un naufrage. Vous entendez bien : il s’agit pour cette académie de « plusieurs centaines de postes à proposer ».

À celles et ceux qui voudraient des renseignements, on propose des rencontres avec des contractuels. La normalisation de ce statut, et la déconsidération des concours, appuyée récemment dans le projet esquissé par le président Macron avant sa réélection**, sont l’affirmation de l’entreprise faite modèle pour l’éducation, au nom de la rentabilité et de la productivité — ce qui vaut pour les élèves, comme pour des marchandises…
Bienvenue à Pap Ndiaye, vraiment, mais la tâche est lourde.

* Professeur(e) des écoles, professeur(e) en collège et lycée, accompagnant(e) d’élèves en situation de handicap, médecin scolaire, infirmier(ère) scolaire, psychologue de l’Éducation nationale. ** cf article du Café pédagogique signalé ci-dessous au 31/3/22 




Dimanche 20 mars 2022

Un article du Monde à propos d’une certaine naïveté ouest-européenne à l’égard du régime russe et de son maître : Guerre en Ukraine : face à Poutine, un déni européen



Dessin de Victor Hugo, intitulé *La Ville morte*

Jeudi 17 mars

Locke vs Poutine

 » Il n’y a personne qui demeurera d’accord qu’un agresseur, qui se met dans l’état de guerre avec un autre, et envahit ses droits, puisse jamais, par une injuste guerre, avoir droit sur ce qu’il aura conquis. Peut-on soutenir, avec raison, que des voleurs et des pirates aient droit de domination sur tout ce dont ils peuvent se rendre maîtres, ou sur ce qu’on aura été contraint de leur accorder par des promesses que la violence aura extorquées. Si un voleur enfonce la porte de ma maison, et que, le poignard à la main, il me contraigne de lui faire, par écrit, donation de mes biens, y aura-t-il droit pour cela ? Un injuste conquérant, qui me soumet à lui par la force et par son épée, n’en a pas davantage. L’injure est la même, le crime est égal, soit qu’il soit commis par un homme qui porte une couronne, ou par un homme de néant. La qualité de celui qui fait tort, ou le nombre de ceux qui le suivent, ne change point le tort et l’offense, ou s’il le change, ce n’est que pour l’aggra­ver.  » (J. Locke,Traité du gouvernement civil, 1690)


Dimanche 6 mars 2022

Une image, ci-contre, des responsables les plus proches de Vlad. Poutine, des puissants (chefs de l’armée, du renseignement, divers conseillers), accompagnée d’extraits (ci-dessous) du Discours de la servitude volontaire de La Boétie (1530-1563), à propos du rapport des tyrans à ceux qui les secondent.

L’image est empruntée au 20h de France 2 le 04/03/22.

« Les tyrans, plus ils pillent, plus ils exigent, plus ils ruinent et détruisent, plus on leur baille [cède], plus on les sert, de tant plus[d’autant plus] ils se fortifient et deviennent toujours plus forts et plus frais pour anéantir et détruire tout » […]

« Ce sont toujours quatre ou cinq qui maintiennent le tyran, quatre ou cinq qui tiennent tout le pays en servage. Toujours il a été que cinq ou six ont eu l’oreille du tyran et s’y sont approchés. Ainsi le tyran asservit les sujets les uns par le moyen des autres, et est gardé par ceux desquels, s’ils valaient rien[s’ils valaient quelque chose], il se devrait garder[protéger][…]. Voyant ces gens-là, qui nacquetent[servent – chérissent] le tyran pour faire leurs besognes de sa tyrannie et de la servitude du peuple, il me prend souvent ébahissement de leur méchanceté, et quelquefois pitié de leur sottise : car, à dire vrai, qu’est-ce autre chose de s’approcher du tyran que se tirer plus arrière de sa liberté[perdre en liberté], et par manière de dire serrer à deux mains et embrasser la servitude ? […]

Entre les méchants, quand ils s’assemblent, c’est un complot, non pas une compagnie ; ils ne s’entraiment pas, mais ils s’entrecraignent ; ils ne sont pas amis, mais ils sont complices. […] Être nuit et jour [à] songer de plaire à un, et néanmoins se craindre de lui […] ; avoir toujours l’œil au guet, l’oreille aux écoutes, pour épier d’où viendra le coup, pour découvrir les embûches, pour sentir la ruine de ses compagnons pour aviser qui le trahit, rire à chacun et néanmoins se craindre de tous ; n’avoir aucun ni ennemi ouvert ni ami assuré ; ayant toujours le visage riant et le cœur transi, ne pouvoir être joyeux, et n’oser être triste ! »   La Boétie, Discours de la servitude volontaire.




Vendredi 04 mars 2022

Holodomor – Ukraine

Un court rappel, ci-joint, tiré d’un dossier sur les famines dues au pillage de l’Ukraine (et ailleurs) autour de 1931-1933 – L’Histoire 12-2013 n°394

Voir l’article entier de Nicolas Werth : https://www.lhistoire.fr/comment-staline-décida-daffamer-son-peuple




Dimanche 27 février 2022

Mort de Marcel Conche, philosophe.




25 février 2022

Éditorial de Laurent Marchand – Ouest-France

Guerre en Ukraine : Poutine ou « la folie d’un despote »

« Nous nous devons donc d’être totalement solidaires avec les Ukrainiens, alors qu’une crise humanitaire s’annonce à nos portes ». Par Laurent Marchand, rédacteur en chef délégué, en charge de l’international à Ouest-France.




15 janvier 2022

Carine Karachi, neurochirurgienne : « À l’origine de ma vocation, il y a un choc esthétique », propos recueillis par Olivier Pascal-Moussellard pour Télérama 3743 6/10/21

À lire, particulièrement ce qui suit, et tout l’entretien, plus que jamais d’actualité (et pas seulement pour le service qui est le sien), à la mesure du nombre de patients qui n’ont pas voulu être vaccinés alors qu’ils le pouvaient.

« Je trouve que l’hôpital a été exemplaire dans la prise en charge des patients. On a vu sa capacité à s’adapter, à faire sortir de terre des lits de réanimation qui n’existaient pas ; les médecins ont expliqué comment il fallait organiser les soins, les administratifs ont suivi, ça s’est bien passé et on a limité les dégâts pour les patients atteints du Covid.

Mais les dégâts collatéraux pour nos propres patients ont été immenses : ces malades n’ont plus eu accès à nous, ni nous à eux, et cela restera une grande souffrance. On a bien essayé de lutter au début, mais on a vite compris que cela ne servirait à rien, et que certains allaient mourir, faute de pouvoir être opérés. Tellement d’autres, c’est vrai, mourraient aussi du Covid… Pendant des mois, nous avons pratiqué une médecine de guerre comme je n’en avais encore jamais connu dans ma vie de médecin, et ma conclusion, forcément provisoire, est que la situation a été gérée au mieux, dans des conditions très difficiles. »

Carine Karachi, neurochirurgienne et professeur de neurologie à l?hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris , le 28 sptembre 2021, dans le service de neurochurgie de la Pitié-Salpêtrière



09 décembre 2021

Pour la laïque

Extraits d’un discours (en deux temps) de Jean Jaurès(1859-1914), en cette journée de la laïcité 

Discours des 21 & 24 janvier 1910 à la tribune de la Chambre des députés.

Voir aussi page *Laïcité*




21 octobre 2021

2 novembre 2021 : 14e Journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité


07 octobre 2021

Réaction à un entretien de France Info avec le président de la Conférence des évêques de France, Éric de Moulins-Beaufort, publié le 06/10/2021 11 :02 Voir tribune à la page Confession (Secret de…)


06 septembre 2021

Un article publié par le Blog Mezetulle : *« Pronote » ou les ambiguïtés d’un « droit à la déconnexion » pour les professeurs*. — Il porte sur l’imbrication entre travail et vie privée, l’exigence d’une transparence, et de fait un changement de statut. S.P.


12 août 2021

« Booster » le système immunitaire ? Pas si simple…

« Avons-nous vraiment besoin d’un vaccin anti-Covid pour en finir avec cette pandémie ? La plupart d’entre nous… ». Un remarquable article de Marc Daëron, immunologiste (Institut Pasteur et Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques à Paris). Association Française pour l’Information Scientifique



Dear Friends, Colleagues, Fellow-Conradians

Following the great success of our virtual conference last year, the Joseph Conrad Society (UK) is again offering a three-day online conference this summer, on all aspects of the works of Joseph Conrad, access to which will be open to all, free of charge.

CFP: The 48th Annual International Conference of the Joseph Conrad Society (UK) 8-10 July 2021Virtual conference via Zoom meeting



22 avril 2021

Né en 1924 à Paris, Marc Ferro est décédé dans la nuit du 21 avril.

Ci-contre, extrait d’un entretien publié en 2013 par la revue L’Histoire




06 avril 2021

Au bonheur des professeurs

À PROPOS D’UN MESSAGE ENVOYÉ AUX PROFESSEURS AU MOMENT DE PANNES INFORMATIQUES ET D’UN SYSTÈME DÉFAILLANT

Vous êtes professeur, vous n’êtes pas fatigué, pas malade. Assurément vous êtes enthousiaste, chérissez votre ministre. Vous êtes adulé par toute une société, …surtout quand elle voit en vous son salut, la meilleure des garderies. Bien sûr, confinement oblige, et soucieux d’aller au plus vite face à l’effondrement du niveau qui menace, vous voulez transmettre des cours en ligne. D’ailleurs, on vous y a incité. Vous êtes imperméable aux propos gouvernementaux qui soupçonnent que certains en profitent pour ne rien faire. Ils reçoivent les plaintes de parents ou élèves ne voyant rien venir, disent-ils. Vous restez stoïque quand depuis longtemps vous êtes impuissants devant un site officiel qu’on vous a vanté sans cesse comme celui d’un monde merveilleux de ressources, que d’ailleurs vous n’utiliseriez pas assez. Vous ne vous étonnez pas même que ces soupçons ou accusations, à peine voilées, feignent d’ignorer que beaucoup de professeurs, depuis longtemps, ou devant l’impossible, ont envoyé directement à leurs élèves le travail nécessaire.

Mais alors, pourquoi vous étonnez-vous et semblez moqueur, narquois, habité par le fiel de la mauvaise foi, face à la bonne volonté administrative. Comment se fait-il que vous vous plaigniez d’incessants dysfonctionnements et de pannes ? En fait vous cachez bien votre jeu, une fois de plus. Comment pouvez-vous rire, voire pleurer, avoir des crises de nerfs, à la réception de l’aimable et plein de bon sens message qui vous avertit qu’il n’y a aucun problème et qu’on veille à votre confort (voir ci-dessus sur les « mesures exceptionnelles ») ? Il s’agit, avec le temps qu’il faut, non d’une insuffisance mais d’une réorganisation pour votre bien. Jusqu’ici on ne vous avait rien dit pour ne pas vous inquiéter. Mais à la guerre comme à la guerre, non ? Et là vous apprenez que tout va bien, à la mesure d’une « logique de quota ». Rien à voir avec vos perverses critiques. Voilà dévoilé l’hypocrisie de votre zèle. Ingrats ! Avez-vous pris la mesure de l’intérêt qu’on a pour votre bien-être quand on prend soin de vous expliquer que vous passerez  » à votre tour » ? Avez-vous mesuré quel degré d’expertise est nécessaire pour pouvoir vous informer d’une patience nécessaire, bien normale, en vous conseillant de vérifier « d’ici quelques minutes » si c’est peut-être votre tour ? Pourquoi vous plaindre puisqu’il est prévu que vous passerez à « votre tour », personnalisé, preuve du souci qu’on a pour vous, et cela malgré vos jérémiades ? Mesurez-vous l’effort fait sur soi par votre administration et l’humilité qu’il lui a fallu, pour qu’elle se dise « désolée » ? Il n’était nul besoin de le faire compte tenu du caractère normal de la situation. Les professeurs ne savent-ils pas qu’il y a des contraintes dans la vie ?


Bon. Sérieusement… C’est tellement bien dit, tellement logique, d’une logique imparable… Ce message aux professeurs est un modèle, surtout dans ce contexte. Un détail ? Problème anodin ? Oui, s’il n’était pas révélateur de tout un fonctionnement et d’un état d’esprit. Qui plus est le travail demandé était considérable, rendant insupportable ce ton moralisateur, qui n’a d’ailleurs pas disparu. Cela aurait plu à Jaroslav Hasek (ci-contre). Il vient un moment où il n’y a plus qu’à jouer au brave soldat Chvéïk, d’un zèle si parfait qu’il exhibe l’absurdité. S.P.

Un petit morceau de Deleuze, qui colle assez bien à la situation :

« Nous connaissons tous des manières de tourner la loi par excès de zèle : c’est par une scrupuleuse application qu’on prétend alors en montrer l’absurdité, et en attendre précisément ce désordre qu’elle est censée interdire et conjurer. On prend la loi au mot, à la lettre ; on ne conteste pas son caractère ultime ou premier ; on fait comme si, en vertu de ce caractère, la loi se réservait pour soi les plaisirs qu’elle nous interdit. Dès lors, c’est à force d’observer la loi, d’épouser la loi, qu’on goûtera quelque chose de ces plaisirs. La loi n’est plus renversée ironiquement, par remontée vers un principe, mais tournée humoristiquement, obliquement, par approfondissement des conséquences. »

Deleuze, Présentation de Sacher Masoch.





01 janvier 2021

Tableau L’Astronomie — vers 1635-1640

Artemisia Gentileschi et Hypatie ?

L’auteur de cette « allégorie de l’astronomie » est incertain. Alors pourquoi pas se permettre un choix. Entre deux possibilités, selon ceux qui savent, je choisis Artemisia Gentileschi (1593-1656). Sa postérité a assez souffert d’injustices pour qu’on lui attribue sans scrupule une toile de trop.

Tout aussi arbitrairement, il me paraît évident que cette femme qui a le regard tourné vers les astres et leurs mouvements, animée du désir de la connaissance, est la philosophe et mathématicienne grecque Hypatie (v. 355-370 – 415 av. J-C.). Elle avait ouvert à Alexandrie une école néoplatonicienne et mourut lapidée par une foule chrétienne. Si Artemisia Gentileschi a eu connaissance de son existence, il ne serait pas surprenant qu’elle se soit reconnue, ait reconnu une part de son histoire, dans celle d’Hypatie, dans la violence subie autant que la volonté et la liberté d’une femme de faire ce qui n’était réservé qu’aux hommes.

Même si ce n’est pas le cas, il serait juste et beau que cela soit vrai, et s’il faut user de la formule avec prudence, on pourra légitimement resservir ici la bien connue fin du film de John Ford, L’Homme qui tua Liberty Valance : « When the legend become fact, print the legend ».

Une très bonne année à toutes et à tous. S.P.

Pour des précisions voir à la page HYPATIE et Artemisia GENTILESCHI







6 novembre 2020

Élections aux États-UnisExclusif : une lettre de Platon à Donald Trump

Donald,

«Le plus grave des maux qui affligent l’âme de la plupart des hommes, c’est ce mal congénital pour lequel chacun est, envers lui-même, plein d’indulgence, et auquel personne ne prend les moyens d’échapper: (e) c’est le mal qu’on appelle l’amour de soi […] Ce qui est très vrai, c’est que chacune de nos fautes en chaque occasion a pour cause un excès d’amour de soi: celui qui aime s’aveugle à l’égard de ce qu’il aime, de sorte qu’il en vient à juger de travers sur ce qui est juste, bon et beau, (a) dans la conviction que toujours son intérêt doit toujours mériter plus d’estime que le vrai! En fait, celui qui sera un grand homme, celui-là ne doit chérir ni lui-même, ni les choses qui sont siennes, mais ce qui est juste […]. Or, c’est cette même faute qui explique que tous les hommes prennent la sottise qui est la leur pour de la sagesse: d’où il suit que nous, qui, pour ainsi dire, ne savons rien, nous nous figurons savoir tout, et que, faute de nous en remettre à autrui pour faire ce dont nous n’avons pas la connaissance, (b) nous nous trompons en le faisant nous-même. Aussi tout homme doit-il éviter de s’aimer véhémentement lui-même, mais être toujours à la poursuite de celui qui vaut mieux que lui, sans chercher à se retrancher, en une pareille situation, derrière aucun sentiment de fausse honte.»

Yours for your retirement, Platon  




17 octobre 2020

Assassinat de Samuel Paty




26 septembre 2020

« Le naufrage de la vieillesse » 

« De Gaulle parle souvent des ravages de l’âge ; Dans une conversation de 1948, il se lamente : “La vieillesse est un autre drame que la mort. La perte de la mémoire : dans tout ce qui est oubli sur la terre, il y a un peu de la mort. La mort, elle, alimente la vie sans cesse […]. Retour équitable, la vie ne cesse d’alimenter la mort !” En 1953, il note dans un carnet où il consigne de temps à autre des réflexions : “J’ai soixante-trois ans. Désormais, tout ce qui se rapporte à moi s’organise en fonction de ma mort.” » Julian Jackson, De Gaulle, Seuil, 2019.

[Ceci est une actualité ! :)]




24 juin 2020

Intermède (léger)À propos de fantasmes sans fondement 

Aujourd’hui j’ai appris quelque chose grâce à la newsletter du quotidien Le Monde (24/6/20) : il y a, dit-elle, au sujet de quelqu’un, « des fantasmes sans fondement ». À la lire, il y aurait donc des fantasmes fondés, rendant compte de la réalité, et des fantasmes qui n’en rendent pas compte, faute de fondement… Il y aurait donc des fantasmes qui ne sont pas des fantasmes ? Fichtre !

Allez, pas de mauvaise volonté. Ce n’est pas si difficile à comprendre. Ainsi dit par cette newsletter on apprend qu’il y a des fantasmes qui ne reposent pas sur la réalité, des rêves, des délires, produits de l’imagination. En cela, si on veut bien ne pas tout compliquer, est-il difficile de comprendre qu’il y a des fantasmes qui sont des fantasmes ! Et ce n’est pas peu ! Voilà ! Inutile d’ergoter, de jouer au pédant, à vouloir prétendre que le fantasme en lui-même suppose l’imaginaire.

…D’ailleurs ils reposent bien sur quelque chose, ils ont bien un fondement ces fantasmes, en tant que fantasmes sur cette personne ? Diantre ! J’abandonne, c’est trop compliqué. Cela m’apprendra. Mais, au moins, pas de mauvais esprit. Je le devine, d’autres vont s’abandonner à la familiarité en faisant semblant de comprendre qu’il y a des fantasmes qui n’ont pas de derrière. Vraiment pas drôle. À moins… qu’ils veuillent parler d’une pensée de derrière ? évoquer Blaise Pascal ? Ceux-là sont trop subtils, je renonce.

Ce n’est pas grave, tout le monde aura compris. Résumons donc : il y a des fantasmes qui sont des fantasmes et des fantasmes qui ne sont pas des fantasmes. Ce n’est pas plus compliqué que cela. S.P




14 mars 2020

Coronavirus : en viendra-t-on à choisir qui sauver et qui laisser mourir ? Par Frédérique LEICHTER-FLACK, maîtresse de conférences HDR à l’Université Paris Nanterre, spécialiste d’éthique et littérature, membre du Comité d’Éthique du CNRS, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières



17 février 2020
Alerte sur l’avenir de l’enseignement de la philosophie dans la voie technologique



14 décembre 2019 

Réforme des retraites, l’ingratitude des professeurs après le discours du Premier ministre

Le Premier ministre vient d’annoncer son souci que les enseignants ne soient pas victimes de sa réforme. La solution est pour lui le changement du statut des professeurs. Un travail a déjà été engagé en ce sens par le gouvernement.

Il faut le dire, annoncer à tous que l’on ne pourra plus partir à 62 ans en retraite à taux plein, sans décote, en ayant pourtant travaillé assez longtemps pour cela, et dire aux enseignants que c’est en changeant leur statut qu’on résoudra leur problème particulier, est audacieux, sinon téméraire, voire taquin. De mauvais esprits, assurément, ont eu l’impression, forte, qu’il s’agirait de travailler plus et plus longtemps pour perdre moins. Ils n’ont pas compris le sens de ces propositions et qu’elles sont porteuses d’une compréhension profonde de leurs aspirations.

Rassurez-vous donc chers collègues : désormais il n’est plus question de vous faire passer pour des gens avides, ne voulant travailler plus que pour gagner plus, voire pour l’incarnation typique d’un « esprit de jouissance » qui va jusqu’à estimer devoir gagner plus, sans travailler plus et même en continuant d’avoir des vacances ! L’actuel gouvernement s’en voudrait de vous prêter une telle vulgarité. En cessant de manifester à l’appel de quelques éternels aigris, vous-même devriez éviter de vous rendre indignes de la grandeur d’âme qui vous est ainsi… prêtée.

Travailler plus, oui, en devenant plus que jamais multitâches, en travaillant jusqu’à 64 ans et certes en courant après quelques « primes », mais, heureusement, seulement pour ne pas gagner moins ! Votre honneur est sauf. Ainsi, en même temps, vous est offerte la possibilité d’aider à sauver la planète en regardant avec mépris l’ivresse si plébéienne du consumérisme. Enseignants, il est temps d’en finir avec les complexes et le ressentiment du déclassé.  S.P.





LA RÉPUBLIQUE EST-ELLE SOLUBLE DANS LE CARE ? À chacun selon ses besoins ?

Questions contemporaines – Actualité sociale et politique-Philosophie-Sciences politiques

Une recension du site *Les Philosophes.fr* : https://www.les-philosophes.fr/care.html

Présentation (complément 4e de couverture)

Le Care, et particulièrement celui de Joan Tronto, dénonce un « républicanisme » qui cache l’injustice des conditions de vie particulières derrière le masque de l’égalité en droit. Pour lui, l’universalisme dont se revendique ce républicanisme « libéral », forge l’illusion d’une indépendance. Elle culmine dans le modèle d’un homme mondialisé et finalement soumis. Contre cela, le care propose de retrouver un lien « asymétrique » dans une sensibilité aux besoins particuliers de chacun. Ainsi dénonce-t-il une tyrannie des « experts », qui s’approprient la définition des besoins et étouffent leur expression particulière.

Pourtant, son fondement est fragile, en particulier relativement à l’idée de besoin et à la solidarité organique qu’il semble espérer, dont l’immédiateté aurait été perdue. La difficulté n’est pas mince : la même recherche d’un lien fait aujourd’hui le succès très discutable de l’empathie. Le care nous semble oublier qu’une sensibilité doit être travaillée, réfléchie, cultivée, pour être source d’un lien authentique. Elle participe alors d’une liberté, sans laquelle l’homme est insignifiant, liberté qui n’est pas cet « individualisme », et finalement égoïsme, que dénonce justement le care. Ainsi peut se tisser, en pensée et en acte, le lien vivant qui fait l’humanité et la possibilité d’une véritable société.

La publication LA RÉPUBLIQUE EST-ELLE SOLUBLE DANS LE CARE ? À chacun selon ses besoins ?


Mots clés : République – Libéral – Autonomie – indépendance – Care – Tronto – inégalités – Besoins – Experts – Empathie – Liberté – Culture – Raison – Éducation